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NATION : REHABILITATION DE LA ROUTE SEVARE-GAO : Le projet vire-t-il au mirage ?

Publié le 17 février 2026 à 11:20
Par La Rédaction
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NATION  : REHABILITATION DE LA ROUTE SEVARE-GAO : Le projet vire-t-il au mirage ?

A l’instar des régimes précédents, le pouvoir actuel a inscrit la réhabilitation de la RN6 ou Sévaré-GAO au rang des projets prioritaires. Seulement. Voilà ! Annoncés à maintes reprises, les travaux ont été, à chaque fois, reportés, laissant place, de plus en plus, au doute et au scepticisme des populations de Gossi, Gao, Bourem, Ménaka et Kidal, que cette route connecte avec le reste du pays.

Les populations des régions du nord du pays, en général, celles de GAO, en particulier, vivent une rupture de fait avec le reste du pays. L'état très délabré de la route nationale RN6 couramment appelée Sévaré- GAO, ne facilite point le libre déplacement des populations en partance ou en provenance de ces régions. Avec une distance de 570 Km, cette voie, construite dans les années 80, n’existe plus que de nom, aujourd’hui ! Le bitume qui la recouvrait, autrefois, n’est plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir que racontent les chauffeurs et routiers d’un certain âge. Faute d’entretien, la voie n’a cessé de se dégrader pour devenir aujourd’hui un véritable parcours de combattant. Seuls quelques rares chauffeurs se hasardent encore sur cette route qui demande de la part du conducteur beaucoup de maitrise pour échapper au danger de ces innombrables nids de poule visibles sur tout le parcours, depuis le départ de Sévaré jusqu’à Gao. L’éclatement de la crise sécuritaire, en 2012, a apporté une nouvelle caractéristique à ce tronçon : la présence des groupes armés terroristes ; Des bandes de criminels qui profitent bien de l’état de cette route où on ne peut se permettre de rouler à une certaine allure sans risque de se renverser. Ce qui fait explique le fait qu’il est quasiment impossible de prendre cette voie sans tomber entre les mains des GAT vivant désormais d’une économie criminelle tirée du vol et du pillage des biens des voyageurs croisés sur cette voie véritable cordon ombilical entre les régions plus à l’Ouest et les localités situées dans le grand nord. Une épreuve sans fin ‎En accédant aux hautes fonctions de l'État, en 2020, les autorités militaires actuelles, ont suscité beaucoup d'espoir chez ces populations dont le désenclavement est intimement lié à l’état de cette route. A tort ou à raison, les populations de ces zones ont vu dans le changement de régime une lueur d'espoir, celle de voir arriver aux affaires de nouveaux dirigeants qui travailleront à sa réhabilitation et permettre de relancer l’économie entre l’Ouest du pays et les localités du Nord fortement tributaire de l’état de la route ou, du moins, ce qu’il en reste. ‎Il y a une évidence ! Aujourd'hui, excepté une minorité dont le revenu leur permet le voyage par vol, tous ceux qui sont obligés d’emprunter cette route pour regagner les siens, sont régulièrement séquestrés, fouettés, dépossédés de tout, avant de les laisser partir, pour ceux qui ont cette chance. Selon nos informations, ces derniers jours, même ceux qui, croyant échapper à ces groupes armés, se sont tournés vers le transport fluvial, utilisant les pirogues et panaces, n’arrivent plus à échapper à ces bandes de criminels qui se sont encore arrangés à dresser le long du fleuve des postes de contrôle improvisés et où les embarcations sont régulièrement arraisonnées et soumises au racket de ces mêmes hommes armés. Face à cette triste réalité se pose une question : N’est-il pas temps pour l’Etat de mettre enfin un terme à la souffrance de ces populations auxquelles la nature a imposé une résilience silencieuse? ‎Oumar Diamoye Source : L’Officiel

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