Dans la foulée des activités de la 27ème édition de la Quinzaine de l'Environnement, qui s’est déroulée du 4 au 17juin, l’Agence du Bassin du Fleuve Niger (ABFN), a organisé, à son siège, le 16 juin 2026, une conférence-débats qui avait pour thème : «Impacts des Changements Climatiques sur le fleuve Niger : Solutions dans un contexte de développement durable".
La rencontre a débuté par le mot de bienvenue du Directeur Général de l’ABFN, Moussa DIAMOYE, suivi d’une projection de film documentaire et le témoignage des communautés riveraines Bozo et Somono sur les agressions faites au fleuve qui représente leur principale source de revenus. Ensuite, les participants composés d’environnementalistes, de sociologues, de chercheurs, d’étudiants...ont suivi avec grand intérêt la conférence proprement dite animée par le DGA, Kalifa TRAORE.
Face à un auditoire conquis, le conférencier a, à travers des exemples précis, montré l’importance et l’utilité économique du fleuve Niger pour un pays comme le nôtre. Ce fleuve qui prend sa source en Guinée, fait un parcours de 4.200 Kilomètres. Il arrose notre pays sur une distance de 1720 Km. Ce qui représente un grand atout pour notre pays, dira l’expert qui cite, entre autres, la production d’eau potable, l’agriculture, l’hydroélectricité, la pêche, le transport fluvial, sans oublier la culture avec deux importantes activités culturelles de notre pays, à savoir la traversée des Bœufs à Diafarabé et le festival sur le Niger. A ces domaines, le conférencier ajoute la BIODIVERSITE, avec notamment le phénomène des oiseaux migrateurs qui, à une certaine période de l’année, arrivent par milliers, pour séjourner au niveau du Delta intérieur du Niger sur un espace de près de 41.195 Km2 de superficie. «C’est un exemple très illustratif lorsqu’on veut comprendre l’importance du fleuve pour notre pays», a déclaré le conférencier.
Cette importance économique, sociale et culturelle, ne fait pour autant pas du fleuve Niger, un long fleuve tranquille au Mali. En effet, dira-t-il, outre l’impact des Changements Climatiques et du dérèglement Climatique, c’est un fleuve qui est aujourd’hui menacé par certaines actions anthropiques dont une urbanisation incontrôlée.
Fleuve et variabilité climatique
Dans sa présentation, le conférencier a mis en relief le lien étroit qui existe entre le fleuve et le climat, entre le fleuve et la variabilité Climatique. Le fleuve, a-t-il fait savoir, reste fortement tributaire des précipitations, notamment de la pluviométrie qui en est sa source principale d’alimentation. C’est ce qui, a-t-il indiqué, justifie sa très grande sensibilité aux variations Climatiques, « L’une des caractéristiques du fleuve Niger et de ses affluents reste marquée par la variabilité inter annuelle et inter saisonnière des écoulements. Quand il y a une bonne pluviométrie on a un bon débit. Mais quand il y a une mauvaise pluviométrie ça se ressent sur les écoulements et aussi sur le débit », a-t-il fait savoir. Selon lui, dans un tel contexte, une question fondamentale demeure posée : Comment protéger ce fleuve tout en assurant un développement durable ? Une équation qui est à la dimension de l’inquiétude de l’expert préoccupé par la situation dans laquelle se trouve le fleuve actuellement : «un fleuve qui est assez dégradé aujourd’hui. La cause de cette dégradation ne saurait être imputable uniquement aux seuls effets des Changements climatiques. Il y a aussi les actions l’homme », a-t-il alerté.
Le danger du dragage...
Au Mali, le fleuve Niger fait face à deux gros problèmes qui donnent aujourd’hui du fil à retordre aux services techniques, en particulier l’Agence du Bassin du Fleuve Niger, a déclaré le Directeur Général adjoint de l’Agence du Bassin du Fleuve Niger. Selon lui, la première grande difficulté est beaucoup plus un problème d’ensablement constaté de la boucle du Niger jusqu’au niveau du Delta avec le fleuve qui devient peu profond mais plus large. La deuxième grande menace est un problème de pollution également observé de la boucle du Niger jusqu’au niveau du Delta intérieur. Pour le spécialiste, cette pollution découle principalement de l'exploration et l'exploitation de l'or par dragage. «C'est une vraie problématique pour nous aujourd'hui. Elle contribue beaucoup dans la dégradation de la qualité de l'eau. C'est une activité dégradante, polluante avec beaucoup de conséquences. A certains endroits on peut rencontrer plus de 100 dragues sur un seul site», a déploré le conférencier. L’autre source potentielle de cette pollution du fleuve est le fait de certains ménages riverains dont les eaux usées charrient jusque dans le lit du fleuve, sans passer par aucun dispositif de prétraitement. Pour le conférencier, en tant qu’artère vitale pour le pays, la protection du Fleuve Niger doit être comprise comme relevant d’une responsabilité collective partagée qui a besoin de l’implication de tous : pouvoirs publics, collectivités, communautés. C’est, selon lui, la condition sine qua none pour que le fleuve soit à nouveau dans les conditions pour assurer toutes ses fonctions écosystémiques.
La Rédaction
Source : L’Officiel
