Depuis quelques jours, un document écrit par une organisation de ressortissants maliens vivant en Europe, notamment en France, et connue sous l'appellation de "Front pour la Paix au Mali, circule sur les réseaux sociaux. Dans ce document prétendument appelé «lettre ouverte" au Chef de l'État, le Général d'Armée Assimi GOITA, ses rédacteurs accusent le Haut conseil islamique d'illégalité, de s’être écarté de ses missions originelles, avant de tomber à bras raccourcis sur son président, Cheick Ousmane Madani Haidara
L'objet du document est d'amener les autorités de la Transition à prendre contre la faîtière des organisations islamiques du pays, une mesure de dissolution. Les arguments avancés : fin de mandat de l'actuel directoire et les sorties du guide spirituel de Ansardine qui, accusent-ils, multiplierait ces derniers temps des déclarations pouvant offusquer les autres courants islamiques. Ils reprochent à «Bani» des propos de nature à porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale dans notre pays. Qualifiant les interventions de Haidara de "stigmatisant et clivant' le Front dirigé par certaines personnes dont l'orientation est bien connue, demande aux plus hautes autorités de prendre une décision de dissolution contre une organisation qui, sous la direction de Ousmane Madani Haidara, s'est signalée par la multiplication des actions de citoyenneté qui vont au-delà du quartier Banconi, fief connu du leader, pour atteindre plusieurs localités du pays sous forme d’infrastructures socio-sanitaires et autres initiatives créatrices d’emplois pour plusieurs jeunes du pays. Cette organisation, faut-il le souligner, est aussi l'une des rares à multiplier, ces dernières années, les initiatives de mobilisation de fonds et de dons de sang pour soutenir nos FAMa engagées dans une guerre contre le terrorisme. L'on ne peut, dès lors, s'empêcher d’être prudent face à cette démarche des dirigeants de ce Front et parmi lesquels figurent certains qui, il n’y a pas encore longtemps, ont tenté vainement de servir de pont entre les autorités actuelles et un ancien leader parti volontairement en exil et qui aujourd’hui ne supporte plus de vivre loin de la Mère Patrie. Mais diantre ! Pourquoi se préoccupe-t-on tant de la fin de mandat au HCI alors que beaucoup d'autres organisations sont dans la même situation de vide juridique, sans que cela gêne, outre mesure, la marche normale du pays ? Pourquoi faire de la dissolution du HCI une préoccupation et oublier au même moment le cas de toutes ces institutions, syndicats et autres conseils communaux qui attendent depuis plus de dix ans le renouvellement de leurs instances? Cette dissolution souhaitée du HCI est-elle une simple demande de gens soucieux d’une certaine forme de légalité ou doit-on y voir un stratagème visant à semer dans le pays les germes d'un déchirement dans lequel certains souhaitent voir basculer notre pays? Du reste, quel gain ou plus-value, une telle dissolution va-t-elle apporter (à ce stade) à notre pays qui a ses priorités ailleurs, notamment dans le renforcement continu de notre outil de défense, l’aguerrissement progressif de nos forces de Défense et de Sécurité, et surtout le raffermissement de nos initiatives endogènes de promotion de la paix et du vivre ensemble. Des mécanismes endogènes qui nous apportent chaque jour la preuve que chaque fois qu'on est unis on peut réussir là tout le monde attendait notre échec. Les succès qui se dessinent avec le DDR en cours piloté de bout en bout par le gouvernement, une première, en est la parfaite illustration.
Oumar Diamoye
Source : L’Officiel
